Pour l’amour de la dentelle : fabriquer des identités
À propos de l'exposition
En 1934, Mary Alice Peck, cofondatrice de la Guilde canadienne des métiers d’art (maintenant La Guilde), a écrit : « Aucune nation n’a débuté par de beaux édifices, de grandes sculptures ou de nobles tableaux. Toutes ont commencé par l’artisanat modeste. » Cette affirmation résumait la mission initiale de Peck et de Mary Martha Phillips lors de la fondation de la Guilde canadienne des métiers d’art en 1906 : utiliser l’artisanat en tant que vecteur d’échanges culturels et comme outil d’unification de l’identité canadienne et de sa reconnaissance ultérieure à l’étranger.
Cette exposition, grâce aux œuvres de la collection permanente et aux prêts issus de collections privées, montre comment la dentelle a permis aux artisans de s’exprimer et de construire leur identité dans un Canada en pleine évolution. Cette exposition s’appuie sur la longue tradition à La Guilde de promotion de cet art pour présenter de nombreuses techniques de dentelle du XVIIIe au XXe siècle et souligne les implications sociales, économiques et coloniales des métiers d’arts. La dentelle était bien plus qu’un simple ornement : elle pouvait constituer une voie d’émancipation financière et d’éducation pour les dentellières. Elle a servi également d’instrument d’assimilation coloniale, et a contribué à la construction des hiérarchies ethniques et à l’affirmation de l’autorité de l’Empire britannique. À l’ère moderne, alors que la production artisanale déclinait, les artisans canadiens ont su adapter les techniques de dentelle aux formes et aux usages contemporains. Aujourd’hui, la dentelle est toujours pratiquée au sein d’associations et de guildes de dentellières partout au Canada, accueillant une nouvelle génération à y participer.
Pour l’amour de la dentelle : fabriquer des identités vous invite à observer, lire, toucher, créer et vous interroger : que signifie être un artisan, et comment l’artisanat influence-t-il votre identité aujourd’hui ?