TRACES
Dans le cadre de sa programmation d'expositions 2025-2026 intitulée Élan, l'Artothèque est heureuse de vous présenter l'exposition TRACES des artistes Shelley Freeman et Wendy A. Thomas, deux artistes montréalaises dont la pratique artistique en peinture s’articule autour de l'exploration des structures urbaines et des formations naturelles à la frontière du visible et de l'imperceptible.
Wendy A. Thomas explore l'échelle et la perception, inspirée par des années de photographie de son environnement urbain. Elle est intriguée par le fait que les longues ombres projetées par le gravier sur les trottoirs créent des mondes aux interprétations multiples, et par les rayures et les bosses sur les murs de soutènement en béton des viaducs. Cela soulève la question : d'où viennent les interventions et comment témoignent-elles des trajectoires des gens inconnus ?
Thomas crée de nouvelles façons de présenter les compositions, rendant hommage à l'histoire récente de son quartier. Ses peintures semi-abstraites soulèvent des questions sur la manière dont nos premières impressions peuvent différer de réalités plus complexes. La beauté potentielle des éléments négligés de notre environnement sert de métaphore à notre compréhension du monde.
La forme et les compositions de Thomas travaillent ensemble : l’image originale est modifiée de la même façon que les taches, le gravier, les ambres et les bosses changent régulièrement. Les tableaux sont construits avec beaucoup de texture et de couches de peinture afin de refléter la diversité des types d’interventions.
Titulaire d'un B.A. en beaux-arts (spécialisée en arts visuels) et d’une maîtrise en études interdisciplinaires de l'Université York à Toronto, Wendy A. Thomas a étudié depuis quelques années au Centre des arts visuels de Westmount, Québec. Ses œuvres ont fait partie de nombreuses expositions collectives, en duo et solo, et figurent dans des collections privées au Canada et aux États-Unis. Elle est membre professionnelle du Regroupement des artistes en arts visuels du Québec, d’ELAN, des Artistes à Montréal, de la Galerie Arbon, et de l’Association des musées canadiens.
Eclectique dans ses intérêts, l'œuvre de Shelley Freeman se concentre principalement sur la nature : l’obscurité et les espaces vides existant dans les phénomènes naturels tels que les grottes, les rochers, les formations d'eau et de glace, et dans les structures artificielles telles que les tunnels et les mines abandonnées. Ses peintures suggèrent de lents changements naturels au fil des éons et troquent métaphoriquement le monde interdit, les séparations, les fusions et l'exploration de soi.
Freeman est intriguée par le lien entre le concept d’illusion et la dimension de profondeur. Cela l’a récemment amenée à créer une scène représentant les racines de plantes aquatiques vues du fond d'un lac. Ses recherches s'étendent à d'autres problématiques esthétiques telles que l'ambiguïté d'échelle, la juxtaposition de masses claires et sombres, et le jeu entre formes 2D et 3D sur une surface plane.
Le matériel source de Freeman pour ses peintures semi-abstraites provient de photos prises lors de voyages, de randonnées et de spéléologie en tant que membre de Spéléo Québec. Elle construit lentement des surfaces texturées multicouches à l’aide de résines, de pâte et de cire, les creuse, les ponce et les polit pour créer des surfaces lisses ou des espaces vides. Ses peintures, gravures et photographies sont présentées dans de nombreuses expositions et figurent dans les collections publiques et privées en Australie, au Canada, au Japon, en Nouvelle-Zélande, aux États-Unis et au Pays de Galles.
Active bénévole dans le milieu artistique québécois depuis 1999, Freeman est membre du conseil d’administration du Regroupement des artistes en arts visuels de CARFAC National, et est membre d’ELAN, des Artistes de St-Henri et de la Galerie Arbor.