Jaques Nadeau, l'instinct du réel
Pendant près d’un demi-siècle, Jacques Nadeau a sillonné le Québec avec ses appareils en bandoulière, ses jeans usés, ses bottes de cow-boy, sa chemise ouverte et ses cheveux en bataille. Il pilotait à tombeau ouvert de vieilles voitures impossibles, conduites comme il photographiait : à l’instinct, sans trop se soucier des règles ni du confort. Chez lui, tout passait après la photo.
La sélection des photographies et la rédaction des textes de cette exposition sont le fruit du travail de Jean-François Nadeau, journaliste et historien, ancien collègue de Jacques Nadeau, avec la collaboration de la fille de ce dernier, Virginie Jacques-Nadeau.
Selon Jean-François Nadeau, « il a construit une mémoire sensible du Québec contemporain. Ses photographies uniques portent encore la poussière du terrain, le bruit des rues, la fatigue de ses longues marches et cette manière bien à lui d’habiter le monde ».
Sa fille Virginie nous rappelle les propos de son père enregistrés dans le cadre d’une entrevue : J’ai fait ce métier « dans l'optique de montrer des moments forts à travers des images qui peuvent déranger, avoir un impact, de partager l'histoire pour informer ». Elle ajoute : « Pour mon père, le fait de partager ces images était nécessaire à la démocratie pour donner la chance à tous de voir ce qui se passe, même s'ils ne sont pas là au moment où cela se passe ».
Attaché durant des années au quotidien Le Devoir, le photographe est décédé en 2025 à l’âge de 72 ans. Ses photographies continuent de nous saisir parce qu’elles portent jusqu’au bout la marque unique de son instinct du réel.