La journée des musées montréalais

Journée des musées

Débusquez 43 histoires méconnues de la ville de Montréal

« Il était une fois… » : le rallye muséal du 375e anniversaire de Montréal

 

Une boîte noire qui a fait du chemin… Un béluga près de la rue Papineau… Une machine-à-disque-parlant… Shakespeare dans l’univers d’Alfred Pellan… Autant de tranches de vie montréalaises intrigantes et étonnantes à découvrir!

À l’occasion de la Journée des musées montréalais du 375e, lancez-vous dans un rallye d’objets insolites présentés en exclusivité dans 43 musées montréalais. Amusez-vous à les repérer en retrouvant la pastille Musées MTL à proximité de ces curiosités historiques.

À faire absolument! Seul, en duo, en groupe d’amis… À pied, en transport collectif STM, en BIXI ou en TÉO TAXI…

 

Concours – votre curiosité favorite

Lors de votre rallye, partagez vos coups de cœur avec nous! Vous courrez ainsi la chance de remporter de nombreux prix : un fabuleux voyage à Paris avec Vacances TRANSAT, un abonnement BIXI d’un an, des billets pour le TNM, et bien d’autres encore.

Pour plus de renseignements et découvrir les 43 histoires des objets favoris, visitez museesmontreal.org/journeedesmusees. Suivez également la page Facebook et le fil Twitter de Musées Montréal afin de ne rien manquer!

#JDMM2017

2014. Le grand retour d’un oiseau mythique

Charles-René Bazinet travaille de jour et souvent de nuit. Pendant cinq mois, les curieux des Cercles des jeunes naturalistes sont fascinés par le travail du taxidermiste. C’est qu’à leur demande, Charles-René remet de son piteux état un grand spécimen oublié depuis 1965 dans les réserves des collections naturalisées du Cercle des jeunes naturalistes au Jardin botanique de Montréal. En retrouvant cet oiseau gigantesque originaire de l’île Maurice et disparu fin XVIIe siècle, les jeunes naturalistes sont une fois de plus convaincus : plus on connaît, plus on aime et plus on aime, plus on veut préserver.

                       

À VOIR AU BIODÔME DE MONTRÉAL…

 

1995. Des litres d’eau à la Biosphère

À l’abri des projecteurs et des unes de la presse, une écotechnologie très innovante se fait discrètement efficace dans la métropole. Tout comme le marais de la plage Notre-Dame et celui du pôle tourbière, le marais artificiel de la Biosphère est le champion toutes catégories de l’épuration écologique. Depuis 1995, il libère la majeure partie des substances polluantes de milliers de litres d’eaux usées : matières en suspension (85 %), nitrates (95 %), phosphates (99 %) et bactéries (99,9 %). Chaque jour, plusieurs milliers de litres d’eaux usées sont évacués par cette station d’épuration écologique.

 

À VOIR À LA BIOSPHÈRE…

 

1972. Des citoyens à la rescousse d’un quartier

Plus que quelques jours avant que des boulets de démolition ne frappent les maisons en rangée des rues University, Sherbrooke, Saint-Laurent et des Pins. La compagnie Concordia Estates veut moderniser, construire en hauteur. Un quartier de résidents à revenus modestes, une communauté et tout un héritage architectural sont sur le point de disparaître à jamais. Pendant quatre ans, un immense mouvement citoyen voit se succéder pétitions, manifestations, plans de création d’une coopérative d’habitation et aussi un sit-in conduisant à l’arrestation de 56 protestataires. Vigilance et mobilisation citoyenne portent fruit : en 1972, le quartier Milton-Parc est redonné à ses résidents.

 

À VOIR AU CENTRE CANADIEN D’ARCHITECTURE…

 

Mai 2000. Un pataphysicien, dites-vous?

En furetant dans les rues de Montréal, depuis toujours, Florent Veilleux chasse l’insolite. Redoutablement excentrique, son Laboratoire de l’absurde est son refuge, avenue Papineau. Il y invente le premier transformateur d’électricité en eau au monde (le PTEEM) et le premier transformateur d’eau en vent au monde (PTEVM). Poète de la récupération doté d’une conscience écologique à toute épreuve, c’est avec des petits bouts de Montréal qu’il crée ses deux inventions pour l’inauguration du Centre des sciences de Montréal. Veilleux s’intéresse aux exceptions, aux anomalies. Comme Boris Vian, il partage cette philosophie : « Je m’applique volontiers à penser aux choses auxquelles je pense que les autres ne pensent pas. »

 

 

À VOIR AU CENTRE DES SCIENCES DE MONTRÉAL …

Vers 1870. Chez Dupuis Frères, rue Sainte-Catherine Est

Louis-Joseph Papineau dépose ses binocles dans leur boîtier d’origine acheté chez Dupuis Frères, rue Sainte-Catherine Est. On peut y lire : « Le Magasin du Peuple / The People’s store ». Propriété des frères Dupuis, ce magasin de grande surface ouvert en 1868 est immédiatement adopté par la population francophone. Au XXe siècle, Dupuis Frères mise d’ailleurs sur l’identité canadienne-française comme argument de vente. Amateur d’art et d’histoire et ancien professeur au Cégep du Vieux-Montréal, Jean-Claude Planchart avait précieusement conservé le pince-nez et la chaînette de Louis-Joseph Papineau, avocat et homme politique d’importance lors de la révolte des Patriotes de 1837-1838.

 

 

À VOIR AU CENTRE D’EXPOSITION DE L’UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL…

1836. Une Banque du Peuple à Montréal

Montréal vit au rythme de l’économie et les affaires se traitent surtout en anglais. La grogne s’entend, se répand. Pourquoi seuls les marchands pourraient-ils avoir accès au crédit? Pourquoi la population ne pourrait-elle pas, elle aussi, faire des investissements? Fondée à Montréal (1835), la Banque du Peuple veut répondre à ce besoin. Elle imprime et fait circuler sa propre monnaie. Preuve de la présence de cette première banque canadienne, un rare billet de « 5 piastres » porte l’effigie de Louis-Joseph Papineau. Mais, la concurrence est forte. À peine 60 ans après sa fondation, à court de liquidités, c’est la faillite pour la Banque du Peuple.

 

 

À VOIR AU CENTRE D’EXPOSITION LA PRISON-DES-PATRIOTES…

1946. Shakespeare dans l’univers de Pellan

Une troupe d’avant-garde s’attaque à un classique shakespearien. Dirigés par le père Émile Legault, les Compagnons de Saint-Laurent joueront Le soir des rois. Après quelques hésitations, le père Legault confie la scénographie à un jeune professeur de l’École des Beaux-Arts, Alfred Pellan. En un mois, l’artiste conçoit et réalise meubles et accessoires, décors, maquillages et costumes sur lesquels il peint directement. Le personnage de Feste, le fou de la cour, est inoubliable avec sa coiffe-girouette, miroir de sa tristesse, de sa joie, de ses craintes. En 1968, le Théâtre du Nouveau Monde reprend cette pièce sous le titre La nuit des rois. Même audace, même fantaisie dans les décors et les costumes dont la confection est confiée cette fois à des ateliers professionnels… sous la direction de Pellan. 

 

À VOIR AU CENTRE D’EXPOSITION LETHBRIDGE…

 

1926. Des flots de touristes, rue Rachel Est

Des autobus déversent des foules de curieux, surtout des Américains. Le « comte » Philippe Adélard Nicole les accueille avec son épouse Rose Dufresne, une Franco-canadienne née à Lowell, Massachusetts. À la naissance de leur fils, rue Rachel Est, le couple ouvre leur maison, entièrement meublée pour leur petite taille. Autres temps, autres mœurs sur le Plateau Mont-Royal. Au 961, rue Rachel Est, le Palais des nains devient une institution parmi les plus fréquentées à Montréal, avec le Musée de cire et la basilique Notre-Dame. Après le décès de Rose, le Palais des nains ferme ses portes en 1964. 

 

À VOIR AU CENTRE D’HISTOIRE DE MONTRÉAL…

 

11 mai 1776. Montréal, ville américaine?

Rue Notre-Dame. Le quartier général de l’Armée continentale des États-Unis loge au Château Ramezay. Trois délégués du Congrès américain, dont le célèbre scientifique et diplomate Benjamin Franklin, y jouent d’armes et de charme pour convaincre les Canadiens français de s’affranchir de la Couronne d’Angleterre. Un marchand de fourrure et juge de paix à Montréal, vigoureux partisan de la révolution américaine, s’est attiré la colère des autorités britanniques. Les délégués signent le jour même de leur départ de Montréal un sauf-conduit pour Jane Hughes, épouse du vindicatif Thomas Walker. Le document doit permettre à l’amie et protégée de Benjamin Franklin de traverser la frontière sans souci et préjudice en cas d’échec de l’invasion américaine anticipée.

 

À VOIR AU CHÂTEAU RAMEZAY…

 

1914. Une boîte noire traverse l’Atlantique

Branché sur les grands du cinéma, Léo-Ernest Ouimet reçoit une boîte noire, cadeau du PDG de l’importante société de production française Pathé. Ouimet bricole et transforme cette caméra actionnée à la manivelle pour créer une image composite. Inventeur, réalisateur, producteur, Ouimet ouvre à 29 ans le premier cinéma permanent de Montréal, à l’angle des rues Sainte-Catherine et Montcalm (1906). Avec ses 1 200 places, son Ouimetoscope est un théâtre de luxe alors qu’à Paris, Londres et New York, les salles de cinéma sont encore plus que modestes. Visionnaire, ce fils d’un fermier de Laval contribue à faire de Montréal une métropole du septième art.

 

À VOIR À LA CINÉMATHÈQUE QUÉBÉCOISE – MUSÉE DU CINÉMA…

 

2013. Un cadeau d’Arcangel!

L’exposition Power Points séduit, étonne. En première canadienne à DHC/ART, l’artiste Cory Arcangel met en évidence la désuétude éclair des logiciels et des gadgets électroniques, il bouscule les notions d’auteur. Et l’artiste surprend encore : pour remercier l’équipe technique de la Fondation pour l’art contemporain, grande partisane des Canadiens de Montréal, Arcangel commande sur eBay une chaise du Forum de Montréal pour la leur offrir en cadeau.

 

À VOIR À DHC/ART FONDATION POUR L’ART CONTEMPORAIN…

 

Été 1948. Des frigos de bois et de métal

La canicule frappe depuis des jours. La fraîcheur se laisse espérer, le livreur de glace aussi. Lourd pour les bras et pour le porte-monnaie des ouvriers du quartier, le bloc déposé dans la glacière en bois et métal a fondu. Liquéfié. Les aliments risquent de se perdre. Lorsque Claude Waters achète cette glacière pour l’ajouter à sa collection personnelle, il n’a aucune difficulté à imaginer ce livreur de glace qui monte aux étages. Résident du quartier Centre-Sud, il croit encore entendre ses pas dans l’escalier et le son métallique des pinces lorsqu’il dépose les blocs de glace.

 

À VOIR À L’ÉCOMUSÉE DU FIER MONDE…

 

1912. Une recette gagnante à Pointe-Claire

Au nord de Lakeside, dans le secteur au-dessus des voies ferrées à l’est de la rue Saint-Jean, des investisseurs repèrent des dépôts d’argile Trenton. Ils ont du flair, mais aussi une recette efficace. La Montreal Terra Cotta y produit des tuiles creuses de terre cuite à l’épreuve du feu dont la sciure de bois provenant des fermes locales sert de liant à l’argile. Ces tuiles couvrent murs, planchers et plafonds d’une multitude de lieux publics et de résidences de Pointe-Claire. À la suite de la pénurie d’Argile Trenton par le retrait de 700 000 mètres cubes d’argile, l’usine ferme en 1962. Cet ancien site industriel est aujourd’hui un espace vert, une destination coup de cœur pour les amateurs d’ornithologie et de plein air. « Bienvenue au parc naturel Terra-Cotta! » 

 

À VOIR À LA GALERIE D’ART STEWART HALL…

 

2009. Une guérilla masquée

Anonymes et radicales, les artistes féministes américaines du collectif Guerilla Girls monte à l’assaut de la misogynie qui, répandue et admise, entrave le développement social des femmes. Arborant des masques de gorille qui cachent leur identité, elles utilisent l’humour comme un scalpel et créent des slogans dénonciateurs inspirés des langages publicitaires et activistes. Pour commémorer les vingt ans de la tuerie de l’École Polytechnique, la Galerie de l’UQAM invite, en 2009, le collectif à concevoir une œuvre sur les thèmes de la violence et de la discrimination faite aux femmes dans la société. L’affiche Troubler le repos représente un mur graffité de citations, de dictons et de propos sexistes exprimés au fil des siècles.

 

À VOIR À LA GALERIE DE L’UQAM…

 

1913. À l’aréna de Westmount…

L’artiste mohawk Angus Montour cisèle un bol dont les anses ont la forme d’une tête d’aigle. Une œuvre destinée à être vendue lors d’un événement initié par la Canadian Handicrafts Guild, à l’aréna de Westmount, à l’angle des rues Sainte-Catherine et Wood. La Guilde y met en scène des sous-bois de l’est du Canada, des tentes, des hommes et des femmes en costumes traditionnels, des tableaux vivants de mariage, de scènes de chasse, d’élections du chef. Créée par May Philips et Alice Peck, la Guilde rassemble déjà une collection d’œuvres d’artisans canadiens, d’art inuit et des Premières Nations, tout en leur assurant un revenu décent. 

À VOIR À LA GUILDE CANADIENNE DES MÉTIERS D’ART…

 

1920. BONIS « NEVER-STOP »

Elle porte bien son nom cette machine à coudre la fourrure qui n’arrête jamais, puisqu’elle ne peut faillir à la tâche. Jusqu’aux années 1990, plus de 6 000 travailleurs contribuent annuellement à faire de Montréal la capitale de la fourrure en Amérique du Nord, car des ventes aux enchères attirent une foule d’acheteurs étrangers à l’époque. En faisant don de cette machine, Ferdinand Côté revoit sa vie « dans la fourrure ». À 16 ans, il apprend à couper les peaux, à suivre un patron, à ne pas couper les poils, à assembler les peaux avec sa General Electric BONIS « NEVER-STOP ». La concurrence des marchés et le mouvement de défense des animaux entraînent le déclin de l’industrie de la fourrure, à la fin des années 1980.

 

À VOIR AU LIEU HISTORIQUE NATIONAL DU COMMERCE-DE-LA-FOURRURE…

 

Il y a 8 000 ans. Les ours noirs de Verdun…

Dix dents sont alignées tout près de quatre crânes, fracassés. Restes de repas ou trophées de chasse? Coïncidence troublante, les crânes de ces ours noirs auraient été fracturés volontairement. À la suite des fouilles sur le site de l’actuelle Maison Nivard-De Saint-Dizier, les archéologues supposent un rituel autochtone pratiqué sur le site il y a 5 000 à 450 ans, dans le plus grand respect dû à cette figure ancestrale. La consommation du cerveau de l’ours, symbole de force et de sagesse, aurait des vertus magiques…

 

À VOIR À LA MAISON NIVARD-DE SAINT-DIZIER…

 

1957. Et, bien avant le téléphone…

Définitivement abandonnée, une corne de brume de 149 cm indispensable pendant des dizaines d’années devient objet de collection. Bien avant le téléphone et Internet, on pouvait l’entendre résonner, car les sœurs de la congrégation de Notre-Dame l’utilisaient quasi quotidiennement pour communiquer entre elles. De part et d’autre du bras du fleuve qui sépare leurs fermes de Pointe-Saint-Charles et de l’île Saint-Paul, elles avaient convenu d’un code (petit bac ou grand bac) pour signaler qu’elles avaient besoin d’une embarcation, petite ou grande, pour transporter denrées et passagers. Cette année-là, la communauté cesse d’exploiter sa ferme sur l’île Saint-Paul désormais rebaptisée l’Île-des-Sœurs en hommage à la communauté de religieuses.

À VOIR À LA MAISON SAINT-GABRIEL, MUSÉE ET SITE HISTORIQUE…

 

1943. Fuir le ghetto sans jamais oublier

Toute petite, Théa se faufile dans les rues du ghetto de Varsovie où s’entassent près de 400 000 Juifs. Elle a faim, elle a froid aussi. De ses bras, elle protège une poupée trouvée par son père dans un appartement abandonné du ghetto. En 1943, Thea réussit à s’enfuir avec sa mère. Elle migre à Montréal (1950) avec sa famille qui a survécu à l’Holocauste. Ses enfants ont verni les ongles et les lèvres de sa poupée qu’elle n’a jamais abandonnée. Un rappel touchant d’enfances trop nombreuses vécues dans la peur, mais aussi dans la résilience.

 

À VOIR AU MUSÉE DE L’HOLOCAUSTE MONTRÉAL…

 

1992. Mémoires en boîtes

Derrière une porte grillagée, sur le palier d’un escalier conduisant au sous-sol, l’installation de Christian Boltanski intrigue : 336 boîtes de carton déposées sur des étagères métalliques. Sur chaque boîte, un nom, une photo, un sourire. Ceux de chacun des ouvriers de la construction du nouveau musée, à l’angle des rues Jeanne-Mance et Sainte-Catherine. Des boîtes comme autant de coffrets précieux, l’artiste souhaitant que les travailleurs viennent y glisser un objet qui leur tient à cœur. Une œuvre en points d’interrogation sur l’art et la mémoire, sur les pratiques de collecte et d’archivage qui parlent d’oubli et d’identité.

 

À VOIR AU MUSÉE D’ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL…

 

1976. Au voleur!

À la cérémonie de clôture des Jeux olympiques de Montréal, alors que des milliers de spectateurs ovationnent les athlètes et le maire Jean Drapeau, on dérobe à une hôtesse le petit chapeau qu’elle porte avec élégance depuis le début des Jeux. Une pièce d’autant plus précieuse que les uniformes sont signés par quatre réputés designers québécois : Michel Robichaud, Marielle Fleury, John Warden et Léo Chevalier. Des vestes, chemises, jupes, capes, ceintures, bonnets, sandales, bracelets, sacs à main ainsi qu’une pochette pour glisser des effets personnels et le manuel d’instructions. En tout, plus de 39 modèles pour distinguer la fonction de chaque membre du personnel et… 88 656 pièces de vêtements.

À VOIR AU MUSÉE DE LA MODE…

 

1854. Quelques mèches en ta mémoire

Un veuf avec trois enfants commande un bijou. En demandant d’y enchâsser quelques mèches des cheveux de sa jeune épouse, l’assistant personnel du gouverneur de la Compagnie de la Baie d’Hudson à Lachine, Edward Martin Hopkins, est un homme de son temps. Pratique populaire au XIXe siècle, l’intégration subtile des cheveux à la broche évoque pour toujours le souvenir de la défunte, son aura, son énergie. La charge affective de l’inscription est très forte : « In Memory of Anne Hopkins died 24 July 1854, aged 33 ».

À VOIR AU MUSÉE DE LACHINE – PAVILLON PRINCIPAL…

 

1940. Accroc à la bière, à sa manière

Michel Sainte-Marie pratique la tégestophilie. Depuis des années, il échange, achète, récupère et collectionne des centaines d’objets liés à la bière, tout spécialement ceux de la brasserie Dawes. La vedette de la stratégie de mise en marché de cette compagnie qui prospère aux abords du canal Lachine depuis 1826 est un solide percheron. Ce cheval noir fait sa marque, ici comme aux États-Unis. Des enseignes géantes, des placements publicitaires, des sous-verres… Plus de 300 objets de la collection Dawes Black Horse du musée témoignent de l’essor de la publicité au XXe siècle. On aura tout vu, même des allumettes en forme de bouteilles de bière : Try it / Black Horse Ale, inc. / New York 17, NY.

 

À VOIR AU MUSÉE DE LACHINE – PAVILLON DE L’ENTREPÔT…

1900. Les francs-maçons se dévoilent

Philosophes? Philanthropes? Qui sont-ils? Leurs codes et rituels sont secrets alors que certains de leurs membres sont parmi les plus influents de Montréal. Protestants, catholiques, juifs, musulmans… Ensemble, ils prônent la tolérance, la fraternité, le progrès et le bonheur ici-bas comme au ciel, mettent en place un système d’éducation accessible à tous, favorisent le droit de vote universel, accueillent les étrangers et aident les pauvres à bras ouverts, financent des recherches sur des maladies infantiles... Plusieurs membres sont imprimeurs, éditeurs, journalistes. Fait rare : l’un d’eux a retrouvé des clichés typographiques en bronze ayant servi à imprimer, dans les annales de la Grande Loge du Québec, le portrait des Grands Maîtres de cette organisation associative.

 

À VOIR AU MUSÉE DE L’IMPRIMERIE…

 

1926. À vendre : des boîtes à musique

Les parents s’inquiètent. Les foules qui viennent chercher guérison auprès du portier du Collège Notre-Dame ne risquent-elles pas de contaminer leurs jeunes? Ils ont gain de cause. En 1904, la communauté fait construire un petit oratoire de l’autre côté de la rue, à proximité des vergers et des potagers. Le frère André y accueille des pèlerins par centaines. Très vite, il faut agrandir… Les architectes Viau et Venne dessinent les plans d’une église-monument qui sera perchée sur la face nord du mont Royal. Vendues pour financer la construction du futur Oratoire, des boîtes à musique fabriquées en France représentent le premier projet de l’Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal.

 

À VOIR AU MUSÉE DE L’ORATOIRE SAINT-JOSEPH…

 

Le 10 novembre 1949. La famille fait scandale!

Tôt le matin, des voisins appellent la police pour qu’elle se rende au 3430 de la rue Ontario, au jardin de l’École d’art et de design. Peu de temps après, les policiers peinent à embarquer une imposante sculpture impudique de Robert Roussil de 3 m et de 135 kilos. Transportée au poste no 10 plutôt qu’à l’exposition d’œuvres d’élèves et de professeurs au Musée des beaux-arts, on cache sa nudité avec une écharpe. L’artiste aux mains puissantes et à la carrure imposante avait sculpté un homme, une femme et un enfant dont la nudité chatouille les censeurs et fait la une des journaux. L’artiste contestataire perdra son poste d’enseignant à l’École du Musée.

À VOIR AU MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE MONTRÉAL…

 

2000. Des clous télescopiques!

En apparence, le problème est insoluble. Les clous chirurgicaux placés à l’intérieur d’os qui s’allongent obligent à refaire les chirurgies au fur et à mesure que l’enfant grandit avec les risques de complications que cela comporte. Encore fallait-il y penser. Les Drs François Fassier et Pierre Duval inventent une tige qui s’allonge durant la croissance des os. Ce clou télescopique en titane est extensible jusqu’à 310 mm. L’invention du clou Fassier-Duval de l’Hôpital Shriners pour enfants de Montréal révolutionne la chirurgie orthopédique pédiatrique à l’échelle mondiale.

À VOIR AU MUSÉE DES HÔPITAUX SHRINERS POUR ENFANTS – CANADA…

 

1669. Le sceau du roi

Conduites en 1659 au port de La Rochelle par le fondateur de leur congrégation, Jérôme Le Royer de la Dauversière, trois religieuses hospitalières de La Flèche s’apprêtent à venir prêter main-forte à Jeanne Mance, à l’Hôtel-Dieu de Montréal. Louis XIV voit d’un bon œil l’établissement d’une petite communauté de femmes dans la nouvelle France d’Amérique et signe en 1669 un décret s’accompagnant d’une bourse de 3 000 livres. Ce décret assure une reconnaissance civile et une légitimité juridique à dessein de rendre « stable et solide pour toujours l’établissement de ses chères et bien aimées Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph ». La cire qui scelle ce document royal porte une empreinte digitale : celle du pouce du Roi-Soleil.

 

À VOIR AU MUSÉE DES HOSPITALIÈRES DE L’HÔTEL-DIEU…

 

1964. Sacré Daudelin

Un ami de la famille, le père F. M. Gagnon, invite Charles Daudelin à soumettre un projet pour l’église Saint-Jean à Pointe-Saint-Charles. Sa proposition est retenue. En toute complicité avec l’architecte Pierre Dionne, Daudelin, cet artiste polyvalent, peintre, joaillier, sculpteur, veut créer des œuvres fonctionnelles teintées d’expressionnisme et d’esthétisme. L’artiste revisite l’art sacré. On le constate en observant attentivement les détails de sa production : fonts baptismaux, tabernacle-ostensoir, chandelier pascal, chandeliers d’autel, bénitier et goupillon, lampe sanctuaire… Ses bronzes aux textures organiques sont remarquables.

À VOIR AU MUSÉE DES MAÎTRES ET ARTISANS DU QUÉBEC…

 

1856. Alerte rouge

L’incendie risque de se propager. Encore faut-il avoir de solides réflexes, mais aussi du muscle aux bras pour maintenir un jet d’eau en continu... Bien avant l’arrivée des bornes fontaines, plusieurs pompiers doivent marquer la cadence pour actionner cette première pompe à incendie manuelle en usage à Montréal. En observant bien, on peut encore lire « Niagara Fire Co. » sous l’inscription « Montreal 1856 ». Cette pompe a effectivement été remise au groupe de pompiers volontaires de Montréal par la compagnie d’assurances ontarienne « Niagara Fire Co. »

 

À VOIR AU MUSÉE DES POMPIERS…

 

1900. De la magie à Dorval

Lorsque la nuit tombe, les amis, la famille se rejoignent dans la cour d’une résidence cossue en bordure du fleuve. Un écran s’improvise, une toile ou un drap est tendu. Les images s’animent. Des scènes de villégiature, des sports nautiques, des paysages. Avant les projecteurs à diapositives et le cinéma des frères Lumière, la magie de la lanterne opère... Il suffit de peindre des plaques de verre, de les glisser entre l’objectif et une source de lumière, une lampe de pétrole, des huiles végétales ou même de la chaux vive. Et dire qu’on a cru longtemps que les boîtes noires à images étaient l’œuvre de sorciers ou de charlatans.

 

À VOIR AU MUSÉE D’HISTOIRE ET DU PATRIMOINE DE DORVAL…

 

1964. Le son du rock québécois

Le toit du Forum va-t-il résister? Les décibels augmentent, des adolescentes s’évanouissent. Eh oui, les Beatles font un tabac. Leur talent, leurs sourires et leur charme sont des atouts indéniables. Mais, ils disposent aussi d’un nouvel avantage : l’Écholette, marque d’un modulateur à ruban magnétique qui produit de l’écho et de la distorsion. Un appareil d’origine allemande devenu si populaire qu’il est assemblé et vendu à Montréal, rue Ontario, à la Boîte à musique. Les groupes yéyés des années 1960 l’adoptent à la vitesse de la lumière. Avec l’Écholette, les Jaguars, les Mégatones, les Versatiles… et tant d’autres groupes font danser les jeunesses d’alors.

 

À VOIR AU MUSÉE DU ROCK’N’ROLL…

 

1975. Beautés cachées

Des travaux sont entrepris à l’initiative de David Macdonald Stewart qui convainc le maire Jean Drapeau de l’urgence de restaurer le Château Dufresne. Une deuxième vie attend Les noces d’Orphée et d’Eurydice du célèbre Guido Nincheri. Une œuvre profane qui puise « dans la poésie de la beauté humaine », disait l’artiste. Partie intégrante de l’architecture de la résidence bourgeoise des frères Dufresne, cette toile avait disparu, censurée par les Pères de Sainte-Croix lorsqu’ils occupaient le Château, cachée sous une couche de peinture au latex. 

 

À VOIR AU MUSÉE DUFRESNE-NINCHERI – LE CHÂTEAU…

1960. Une présence inexpliquée?

L’atelier porte bien son nom. Partout, des maquettes de vitrail à l’échelle, des cartons, témoins de la collaboration étroite entre le grand maître Guido Nincheri, les artistes et artisans qui travaillent à toutes les étapes de fabrication. Si, comme se plaît à le dire Nincheri, les 2 000 vitraux qui ornent les églises de l’est du Canada et du nord des États-Unis sont tout à la fois son catalogue et sa salle d’exposition, un vitrail fait toutefois exception : Mère très pure est aujourd’hui l’unique vitrail exposé au Studio Nincheri, rue Pie IX. On raconte que sa présence fortuite au Studio serait le fruit d’un imprévu contractuel. Manque de fond du commanditaire ou changement iconographique initialement convenu? Le mystère demeure.

 

À VOIR AU MUSÉE DUFRESNE-NINCHERI – LE STUDIO…

 

Fin XIXe siècle. Une chaise de torture?

Lorsque le dentiste va au-devant de ses patients, de paroisse en paroisse, dans les campagnes et les « colonies », il apporte ce fauteuil pliant un peu particulier qu’il installe dans un endroit public ou au bureau du médecin du village. Paralysés par la peur ou incapables de payer, de nombreux patients refusent l’anesthésie. Les bandes rugueuses qui traversent le siège les empêchent de se laisser glisser au sol. Les sangles pour les poignets retiennent les mouvements imprévisibles des patients qui pourraient attaquer involontairement ces « arracheurs de dents ». Une vraie chaise de torture? Presque. À la recherche d’une méthode moins cruelle que la pendaison pour les condamnés à mort, un ingénieur et un dentiste, mandatés par Thomas Edison, ont effectivement inventé la première chaise électrique en s’inspirant de ce fauteuil. 

 

À VOIR AU MUSÉE EUDORE-DUBEAU…

 

1847. Des cœurs pour dire merci

Le typhus est désormais chose du passé à Montréal. En guise de remerciement, Mgr Bourget relance la tradition des pèlerinages à la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours. Les Hospitalières sont parmi les premières (1848) à offrir un cœur ex-voto à la chapelle. Jusqu’aux années 1930, fidèles et pèlerins marqueront aussi leur attachement à la Vierge en y déposant des cœurs votifs de cuivre, de laiton, d’argent ou de vermeil commandés par catalogue auprès de fabricants européens ou chez des orfèvres québécois. Des inscriptions y sont parfois gravées aux noms des donateurs, des pierres semi-précieuses et de la nacre les ornent. La « chapelle des marins » est aujourd’hui décorée d’une cinquantaine de ces cœurs votifs.

 

À VOIR AU MUSÉE MARGUERITE-BOURGEOYS…

1er février 1915. Soir de première pour la grande illusion

Au 525, Sainte-Catherine Ouest, la salle de 1 100 sièges du théâtre Orpheum affiche complet. C’est soir de première montréalaise pour The Water Torture Cell, le plus célèbre numéro du maître illusionniste Houdini. Chevilles attachées, il plonge tête première dans une cage vitrée remplie d’eau. Les secondes, les minutes passent. Les sceptiques sont confondus. Le Musée McCord a conservé un rare exemplaire de l’affiche qui fait la promotion de cet inoubliable tour d’évasion présenté à Montréal dans un théâtre appartenant au fameux Orpheum Circuit, une chaîne américaine de théâtres de vaudeville.

 

À VOIR AU MUSÉE McCORD…

 

1895. Un béluga près du chemin Papineau?

Lors de travaux d’excavation à la briqueterie Smith, des ouvriers découvrent un drôle de crâne, 13 vertèbres et quelques côtes dans un sol d’argile dure imprégné de fossiles marins. Un appel d’urgence est lancé au musée Redpath. Éminent géologue et paléontologue, le directeur, J. W. Dawson, court examiner ces restes. Les experts sont formels : il s’agit du squelette d’un jeune béluga mis au jour près du chemin Papineau, à 30 m au-dessus du niveau actuel du fleuve. Il aurait nagé dans la mer de Champlain qui recouvrait les basses terres du Saint-Laurent, il y a environ 15 000 à 10 000 ans. Réassemblé par Edward Ardley à l’aide de tuyaux de plomberie et de cordes de piano, ce squelette de béluga est aujourd’hui suspendu dans la galerie Dawson du musée.

 

À VOIR AU MUSÉE REDPATH…

 

1944. Dans la paille, en Normandie

Le 20 juillet 1944, les Fusiliers Mont-Royal attaquent la 12 SS Panzer, la 1re Panzer et la 711e Panzer Grenadier près de Caen, en Normandie. Au son des tambours et clairons, véritables emblèmes et porte-étendards aux couleurs de leur Régiment, les soldats canadiens participent à cette première victoire des Alliés. Le lieutenant-colonel G. Gauvreau veut mettre en sécurité ces instruments de musique qui ont servi antérieurement à Valcartier, à Halifax, en Islande et en Angleterre. En route vers la Hollande, son Régiment se pose au village de Rots. Un abbé suggère de cacher pendant quelques jours ces précieux instruments au grenier d’une ferme. Plusieurs années après la guerre (1953), le lieutenant Jean-Claude Turgeon de la 27e Brigade canadienne retrouve les fameux tambours du Régiment, encroûtés de boue et de foin.

 

À VOIR AU MUSÉE RÉGIMENTAIRE LES FUSILIERS MONT-ROYAL…

 

1550. Montréal, une bourgade toute ronde?

Dès cette époque, on le nomme Monte Real. Il s’agit de la première mention du mont Royal identifiée sur une gravure. Elle permet aujourd’hui d’imaginer une bourgade iroquoienne nommée Hochelaga. Le grand village à l’origine de Montréal est décrit par Jacques Cartier lors d’une visite éclair, le 3 octobre 1535. Bien que la localisation précise de cette bourgade fasse débat chez les historiens et les archéologues, cette gravure sur bois ainsi que des documents d’archives certifient que la bourgade située à faible distance du Monte Real est entourée de champs de maïs.

 

À VOIR AU MUSÉE STEWART…

 

1967. L’heure normale de l’Est

L’œuvre est monumentale. Déposée sur une base de 4 m de long, sa table horaire est longue de 2,68 m, sa hauteur est de 3,80 m et elle pèse 2,6 tonnes métriques. Cette œuvre d’aluminium et d’acier peint du sculpteur néerlandais Herman J. van der Heide était installée à l’origine au square Chaboillez devant le Planétarium Dow. Un cadeau des citoyens de Rotterdam aux Montréalais pour souligner le 325anniversaire de la ville (1967). Le déménagement de cette œuvre originale avenue Pierre-De Coubertin n’a toutefois pas altéré sa fonction : elle indique avec précision l’heure normale de l’Est.

 

À VOIR AU PLANÉTARIUM RIO TINTO ALCAN…

 

Régime français. Ne jamais se fier aux apparences

Les archéologues qui se sont attaqués aux fouilles du château de Callière ne sont pas à une surprise près. À l’été 2007, ils dégagent des fragments d’ardoise gris foncé. Selon toute vraisemblance, il s’agit de la toiture de la résidence construite en 1688 pour le gouverneur de Montréal, Louis-Hector de Callière. En examinant attentivement les fragments, les archéologues remarquent des lignes incisées concentriques formant des angles à partir d’un point central. S’agirait-il d’un rapporteur d’angle? Mais, en assemblant les fragments, il paraît de plus en plus plausible qu’il pourrait s’agir du premier cadran solaire fabriqué à Montréal. Un objet rare, inconnu sur d’autres sites archéologiques à ce jour.

 

À VOIR À POINTE-À-CALLIÈRE, CITÉ D’ARCHÉOLOGIE ET D’HISTOIRE DE MONTRÉAL…

 

1901. Une machine-à-disque-parlant

La rumeur circule. À titre posthume, un prix Juno serait décerné à Emile Berliner (2000). Prix mérité s’il en est : dans une seule année (1901), cet inventeur du gramophone et du disque plat avait vendu près de deux millions de disques à son magasin du 2316, rue Sainte-Catherine et par la poste partout au Canada. L’engouement était tel que Berliner avait construit une usine dans le quartier Saint-Henri, à l’angle des rues Lenoir et Saint-Antoine, pour produire ses fameuses inventions. Autodidacte, homme d’affaires et philanthrope, Berliner a révolutionné l’industrie de la musique, mais aussi de la publicité. Le petit chien Nipper à l’écoute de la voix de son maître est l’inoubliable signature de la Berliner Gram-O-Phone, future RCA Victor.

 

À VOIR AU MUSÉE DES ONDES EMILE BERLINER…